Génération PhD

Les principaux enseignements

L’enquête GenerationPhD dresse pour la première fois un portrait des aspirations des doctorants et jeunes docteurs en France, que nous appellerons “jeunes chercheurs” (JC) dans le reste du document.

Sans prétendre à la représentativité, les 2 574 réponses obtenues permettent de dresser un portrait unique de la génération montante des chercheurs, puisque près de la moitié des répondants sont en cours de thèse et 40% l’ont obtenue il y a moins de six ans.

  • Les JC interrogés sont unanimes (78%) : il y a trop d’idées reçues sur leur métier de la part des Français ;
  • L’administratif est mal vécu par une écrasante majorité des répondants : 78% s’en plaignent !
  • Les deux tiers (65%) des JC interrogés s’estiment « isolés », à l’exception peut-être des doctorants en 1re année, puisque 52% se sentent au contraire “entourés” ;
  • Près de 9 répondants sur 10 (87%) estiment que les moyens consacrés à la recherche sont insuffisants et 85% ne pas être reconnus à leur juste valeur. 80% pensent également être sous-payés par rapport à leurs qualifications ;
  • Devenir chercheur, c’est majoritairement une vocation tardive : 69% des JC interrogés ont choisi cette orientation lors de leurs études supérieures, même si les vocations semblent légèrement plus précoces dans les SEA et les SV ;
  • 96% se sentent soutenus par leurs parents, qui sont “fiers” de leur parcours… Fiers mais également « angoissés », comme l’avouent la moitié (48%) des répondants ;
  • Les sondés estiment que leur entourage est dans la majorité des cas (58%) intéressé par leur métier, tout ne saisissant pas l’essence de leur travail (47%) ;
  • Les trois quarts (76%) des chercheurs s’estiment privilégiés par rapport aux gens de leur âge, une proportion encore supérieure chez les hommes (81%) et les doctorants en première année (84%).

 

Les jeunes chercheurs estiment être…
isolés, sous-payés, mal préparés au marché du travail, parfois en difficulté financière
ou victime des idées reçues, voire écrasés par les charges administratives…

Mais ils disent aussi être…
optimistes, ouverts au monde, soutenus par leurs parents et leurs amis, voire privilégiés.

 

témoignages

Le doctorat, c’est l’école du doute, on apprend la résilience, à produire des données fiables et à gérer l’incertitude. Les résultats de GenerationPhD sur leur projection dans le futur ne sont pas étonnants, c’est leur posture. Au quotidien, on retrouve cette humilité, cette remise en question qui leur est précieuse pour leurs travaux, même si elle les rend peut-être moins confiants que d’autres profils dans leur avenir professionnel.

Amandine Bugnicourt
CEO Adoc Talent Management

Depuis plusieurs années, les écoles doctorales, l’ABG et d’autres, proposent des formations à l’évolution professionnelle après la thèse. Pourtant, plus de 60% des répondants s’estiment mal préparés. Il faut donc renforcer encore cet effort de sensibilisation, de formation et d’accompagnement et aider les doctorants à traduire leur expérience de recherche en compétences valorisables.

Dr Vincent Mignotte
Directeur de l'ABG

Il faut absolument simplifier la vie des chercheurs, qui travaillent parfois au quotidien avec des outils qui ont plus de vingt ans, cela n’a aucun sens. Sur les financements également : devoir justifier chaque euro dépensé auprès de plusieurs tutelles (CNRS, université, hôpital…), crée une charge administrative beaucoup trop lourde à gérer.

Amélie de Montchalin
Députée de la 6ème circonscription de l'Essonne - 1ère Vice Présidente du Groupe parlementaire REM - Rapporteure spéciale du budget de la Recherche

Il y a trop souvent une méconnaissance de l’université dans le secondaire, où le cliché du scientifique fou avec des cheveux dans tous les sens est encore présent. Ce n’est que dans l’enseignement supérieur que les étudiants découvrent vraiment qui sont les chercheurs.

Thomas Coudreau
Professeur de Physique Université Paris Diderot - Directeur du Collège des Ecoles Doctorales Sorbonne Paris Cité - Président du Réseau National de Collèges Doctoraux

Il y a un décalage extrême entre l'évidente utilité de réaliser une thèse, la fierté qui en découle pour soi et sa famille et l'absence de reconnaissance dans la société d'un point de vue symbolique (médiatique) et économique (financement et salaire).

Dr Sébastien Poulain
Militant du doctorat à Doctrix, Humanitudes, Doc'Door et Crois/Sens

Si les docteurs sont capables d'innover dans le domaine du savoir, ils ont aussi un savoir-faire et un savoir-être particuliers grâce à leurs activités doctorales et extradoctorales, ainsi qu'à la gestion de projet.

Yann-Maël Larher
Cofondateur OkayDoc.fr

Grâce à l'enquête de Generation PhD, nous confirmons l'idée que nous avions que les doctorants ne connaissent pas assez les opportunités qu'offre l’entrepreneuriat. Avec seulement 5% des répondants l'envisageant comme une poursuite de carrière contre 47% espérant percer dans le public, Les Cartésiens souhaitent mettre en contact les jeunes chercheurs avec l'écosystème de l’entrepreneuriat pour leur ouvrir le champ des possibles après la thèse. C'est pourquoi nous organisons l'Accélérathon, un parcours d'initiation à l'entrepreneuriat pour les chercheurs qui se terminera par un hackathon du 31 mai au 2 juin 2019. Les compétences développées pendant la thèse sont hautement valorisables au sein d'une start-up, c'est pourquoi les doctorants devraient davantage considérer cette possibilité dont ils entendent trop peu parler au sein des universités.

Les Cartésiens
Docteurs et doctorants de Paris
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% des jeunes chercheurs déclarent que leurs parents sont fiers de leurs parcours.

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% des jeunes chercheurs sondés déclarent avoir des amis chercheurs dans au moins trois autres disciplines.

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% des PhD déclarent avoir des amis chercheurs dans au moins trois autres pays en plus de la France. 

#FOCUS L’égalité femme/homme en question

La réalité de la parité H/F est vécue différemment selon le sexe des répondants et cela se ressent dans les réponses à l’enquête GenerationPhD.

  • La moitié (51%) des jeunes chercheuses interrogées pensent qu’il n’y a « pas assez de femmes dans la recherche »… contre seulement 41% des hommes.

  • Si les trois quarts des répondants estiment qu’on est « encore loin de l’égalité homme/femme », ce chiffre est nettement plus élevé chez les femmes (85%) que chez les hommes (64%) de notre panel. Au sein des différentes disciplines, des différences existent également :

    • Parmi les JC en sciences du vivant (SV), près de 80% des femmes estiment qu’on est loin de l’égalité H/F, contre seulement 50% des hommes environ.

  • Le projet idéal de carrière semble identique chez les hommes et femmes interrogés : 30% souhaitent devenir par exemple enseignant chercheur.

  • Une analyse des réponses par discipline permet également de relever quelques différences :

    • Les JC interrogés en Science exactes et applications (SEA) estiment plus que dans les autres disciplines que les femmes manquent dans la recherche, puisqu’ils sont 58% à penser ainsi.

    • Au contraire, dans les sciences du vivant (SV), les JC ne sont que 40% environ à estimer qu’il y manque des femmes.

    • À noter qu’à cette question, le taux de « ni oui ni non » est dans tous les cas important, entre 30% à 40% des répondants.

témoignages

L’égalité homme/femme est un sujet dont il faut s’emparer tôt dans la scolarité : il y a de nombreuses filles très bonnes en mathématiques qu’on ne retrouve pas ensuite dans le système. On perd énormément de compétences. Il en va de même à l’Assemblée nationale, où les commissions des Finances ou de la Défense sont occupées majoritairement par des hommes et les Affaires sociales par des femmes.

Amélie de Montchalin
Députée de la 6ème circonscription de l'Essonne - 1ère Vice Présidente du Groupe parlementaire REM - Rapporteure spéciale du budget de la Recherche

Au début de leur thèse, les étudiants se projettent plus facilement dans le monde académique mais leur vision change souvent au cours de la thèse

Thomas Coudreau
Professeur de Physique Université Paris Diderot - Directeur du Collège des Ecoles Doctorales Sorbonne Paris Cité - Président du Réseau National de Collèges Doctoraux

Le réseau relationnel des doctorants s’internationalise fortement en cours de thèse, tout particulièrement en sciences exactes et naturelles. Cette ouverture internationale est vraiment un des atouts de la formation doctorale.

Dr Vincent Mignotte
Directeur de l'ABG

Pour conserver notre place dans la compétition économique mondiale, il devient urgent de valoriser la recherche française et de créer des conditions « d'épanouissement » pour les jeunes docteurs avec des débouchés sérieux. En dehors des réseaux d'anciens, le profil des docteurs n'a en effet rien à envier aux ingénieurs et autres diplômés de grandes écoles.

Yann-Maël Larher
Cofondateur OkayDoc.fr

La question de savoir s'il faut normaliser le métier de chercheur.euse au risque de leur faire perdre leur singularité et donc leur apport spécifique à la société.

Dr Sébastien Poulain
Militant du doctorat à Doctrix, Humanitudes, Doc'Door et Crois/Sens
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% des jeunes chercheurs en sciences du vivant déclarent avoir eu envie d’en faire leur profession avant même leurs études supérieures. 

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% des jeunes chercheurs interrogés estiment qu’il y a trop d’idées reçues sur les chercheurs.

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% des doctorants interrogés ont pour projet idéal de carrière l’entrepreneuriat dans la recherche.

📢 en un mot ou en un tweet #pour moi être chercheur.e c'est 🔁

"un honneur, une charge, un combat, un privilège "@JBTOV  

"Contribuer, à pas de fourmis, à l'avancée de la connaissance humaine. Lutter tous les jours pour expliquer ce que nous faisons. C'est aussi se lever chaque matin avec envie en sachant qu'on va faire fasse toute la journée à des frustrations, obstacles et difficultés" @incultiscient

" Relever les défis d'un monde en perpétuelle évolution"@OlivierVoreux

"Défendre une activité menacée, lutter pour maintenir une solidarité indispensable au sein de la profession, répondre encore et toujours de son utilité auprès de la population et des élus et l'intérêt de financer son activité, être souvent précaire et méconnu(e)" @DelarueF

"C'est un peu être McGyver : on essaye de sauver le monde avec beaucoup de bonne volonté, du sang froid, et seulement des bouts de ficelles, sous les yeux d'une assemblée qui se demande à quoi on sert et quand est ce qu'on va faire tout exploser" @EleaHeberle

"Apporter un contenu à la collectivité qui puisse être utilisé à bon escient pour améliorer sa qualité de vie et cela qu'importe le domaine de recherche" @tilda_9

"C'est réaliser que changer le monde nécessite bien plus qu'une personne, mais que si on est suffisamment nombreux à rêver, à poser notre pierre à l'édifice, on peut construire quelques chose de fantastique" @VerresYann

"Avoir une indépendance dans mes recherches, comprendre les phénomènes physiques, trouver des solutions pour s'adapter aux changements climatiques, faire avancer et partager librement la connaissances scientifiques"

Malgré la situation précaire, c'est un privilège. Et c'est une chance à condition de savoir 'entreprendre' (diversifier, sortir du monde académique pour augmenter ses chances, s'occuper de divulgation) @air4edu

"c'est une passion, des challenges, apprivoiser les difficultés afin de faire avancer les connaissances et partager cette passion au plus grand nombre" @alexandra_gros

"tenter de décortiquer le monde qui nous entoure à partir de nos lunettes pluridisciplinaires, mais aussi créer et innover à partir de nouvelles approches méthodologiques! "@AubrunFrederic

Une passion @bcompans

"Etre capable de s'ouvrir à l'international pour aller plus loin et découvrir de nouvelles problématiques" @C_SVG

"savoir prendre le temps de chercher sans trop savoir ce que l'on va trouver, en affrontant les conclusions déjà établies" @Danlomnibus

"Avoir le pouvoir de rendre le monde meilleur "@elocha19

"Penser à demain" @eppw6

"Publier plus d'articles que les autres "@fortierjonathan

"bénéficier des opportunités du progrès technologique tout en galérant à se faire financer un crayon... ou même un salaire !" @frs_kine

"Produire de l’information qui permette aux enseignants de terrain d’être moins victimes des lobbies et plus à même de bâtir leur pédagogie en conscience" @gomgauth

"Faire avancer les connaissances et imaginer les solutions de demain pour construire une société meilleure " @Ilan_RAPHAEL

"Pour moi, en 2018, être chercheuse c'est avoir un train d'avance sans que personne ne s'en rende compte! Pour moi, en 2018, être chercheuse sur les montagnes c'est comme hurler en plein dessert! "@Lauranne_Alpes

"préparer 2118"@Louise32772852

"Ne jamais s'ennuyer !" @M_agostinucci

"Donner/Trouver du sens à sa discipline, dans l'humilité." @marcisetpa

"c'est autre chose que d'être un rat de laboratoire. C'est proposer à tous l'accessibilité au monde des sciences et être ouvert à la multidisciplinarité"  @MaRie_DnChR

"sans doute difficile, mais cela en vaut la peine !" @nausicaa_ulysse

"trouver de nouvelles histoires qui expliquent le fonctionnement du monde et qui sont basées sur des données !"@pierre_jacquel

"c’est contribuer à faire avancer l’humanité"@Salima_el21

"Beaucoup d’exigence, beaucoup de plaisir et peu de rémunération" @sebastientalon

"c'est s'interroger sur tout, tout le temps, et transmettre ce que l'on apprend à ceux qui le souhaitent" @SeveraRogue

"Enseignant-chercheur est un objectif professionnel. Une utopie sans nul doute, mais qui ne tente rien n'a rien..." @tiphaineAnna

"oeuvrer pour améliorer notre compréhension du monde pour mieux se comprendre nous-même" @michelvromega

" Galérer (à tous les niveaux) : au milieu des incompréhensions du monde extérieur, face à la dégradation des conditions de l'ESR, sans grande perspective d'amélioration, au détriment de mes proches, au service de mes étudiants, contre toute rationalité, par conviction et idéologie" @Robin_Medard

"Ecrire des tweets ?" @ peretti_romain

"un paradoxe"@BGisclard

"Être curieux, susciter l'interrogation, participer à l'effort global pour faire grandir les savoirs et le champs des possibles pour rendre le monde meilleur. Contribuer à résoudre les problèmes de la société, et particulièrement les problématiques environnementales." @jc_bruyere

"C'est une belle aventure au quotidien mais une réelle angoisse pour les années à venir. Un plaisir sans perspectives d'avenir"@Kongdaddyraphy1

"se poser beaucoup de questions qui n'ont rien à voir avec ses questions de recherche (financement, organisation, administration...)" @colinehill

"trop d'entre-soi, un mode de vie plus qu'un métier, souvent la solitude, mais la chance d'être payé pour réfléchir et faire de la science" @PaulBertin_

"faire des petits pas en avant afin de faire avancer la science. On en est arrivé là où on en est aujourd'hui grâce à toutes les petites avancées de chaque scientifique dans chaque domaine ; le tout en partant de rien. Comme dirait le colibri : "je fais ma part"@PierreLaville

"c'est participer à un travail d'équipe mondiale pour repousser plus loin les limites de la connaissance" @dArgencourt

"apporter des réponses structurées et fondées aux questions de sociétés" @gguigrim

"Avoir un cadre social suffisamment stable pour me permettre d'explorer et d'expérimenter sans cadre ni contrainte. Dans les faits, la recherche académique ne le permet pas tant" @HlneCasado

"Approfondir une question que tout le monde se pose, y apporter des réponses détaillées et constructives pour le quotidien tout en ouvrant la porte à de nouvelles questions" @JMConnaixens

"Transmettre ses découvertes à tous" @Cdesmoulins08

"Un luxe" @Esther_Block

"faire progresser la science avec des projets ambitieux. Malheureusement, les problèmes d'éthiques et les abus pour la course à la publi viennent ternir l'image que j'avais de la recherche. J'aimerais pouvoir faire ma recherche de la façon la plus irréprochable possible" @Araeriia

"un luxe nécessaire dont il faut savoir profiter" @cryptomoumou

"se battre contre les préjugés sur le doctorat, contre les RH et contre les lois (Sauvadet entre autre)" @d0cB

"penser en dehors du cadre pour trouver les solutions de demain" @DianeBijou

"Être capable de trouver une solution innovante et de la développer pour qu’elle soit utile à la Société" @patriceschoch

"c'est préparer l'avenir de notre société et améliorer le monde d'aujourd'hui et de demain." @RemiAuguste

"c'est comprendre le présent et mieux construire l'avenir" @Sara_Laurent

"Se greffer au kaléidoscope des représentations du monde. Apporter un nouveau regard, un autre prisme d'analyse pour comprendre l'évolution des interactions entre les individus" @StephPqrJcq

"être créatif sous contraintes " @bendaizer

"la possibilité de faire avancer le monde et la connaissance" @Helene_Moon_Hee

"Cool ! On est les gens privilégiés qui construisent le savoir humains !"@AndyRiveroArze

"Travailler pour rendre le monde meilleur" @AudreyPage123

"La double passion de la connaissance et de l'action est pour moi le meilleur carburant du difficile travail de recherche." J. Dumaziedier"@cyrillebock

"c'est décloisonner l'université et diffuser ses recherches auprès du grand public, quel que soit son sujet."@emiliemitran

" c’est communiquer et transmettre son savoir ! Utilisons l’air des réseaux sociaux pour parler de la recherche et des chercheurs qui la mènent." @GhaniaKaraAli

" un vrai engagement" @DumasMargaux

"une étape intermédiaire entre être juste un étudiant et être un expert dans son domaine" @LauvasZakjis

"c'est découvrir et faire partager ses découvertes avec ses pairs, mais aussi et surtout ses étudiants et le grand public. Pour rendre la recherche accessible à tous" @Astranais

"c'est chercher un poste, puis des financements. Mais c'est surtout un métier passionnant, un travail d'équipe et un challenge permanent !" @Clemence_Riva

"ne pas trouver un travail à la hauteur de ses compétences et niveau d'études" @elppm

"Vivre au quotidien la plus grande aventure humaine qui est celle de la découverte scientifique pour faire avancer l'humanité. " @Docteur_Science

" c'est fatiguant mais intéressant, c'est pas très bien paye mais avec beaucoup de liberté, c'est parfois beaucoup d'angoisse (ou administration!) mais avec une équipe formidable" @mstojanova

" être curieux et réactif, se tenir au courant de ce qu'il se passe, savoir se remettre en cause et sortir de sa zone de confort" @rundimeco

"En France ? Jongler entre la liberté de travail, la précarité financière, l’exigence intellectuelle et l'impression d'inutilité sociale " @BarautGuinet

"Contribuer au bien être des populations par la recherche des solutions innovantes aux nombreux problèmes du quotidien" @djiongocedrigue

"Un défi quotidien. #ChallengeAccepted " @elena_elisa

"être mal payé pour faire la recherche et surqualifié pour tout autre métier" @fernandavilar

"dévouer son expertise à aider la société à répondre aux enjeux critiques actuels (dérèglement climatique, 6ème extinction de masse des espèces, pollution...) L'effondrement a déjà commencé, il est maintenant, plus que jamais, temps d'agir. La survie de l'humanité en dépend" @Julie__Bonnet

"C'est produire de nouveaux savoirs et d'exercer un esprit critique sur les cadres théoriques et les concepts institutionnalisés, afin d'apporter une meilleure compréhension des enjeux sociétaux, environnementaux, économiques pour les citoyennes" @Justine_Leger

" connaître l'état actuel des connaissances, les faire avancer et le communiquer" @Leorageux

"Lutter en permanence contre le syndrome de l’imposteur, lutter financièrement, beaucoup douter mais continuer parce qu’on aime ce qu’on fait, malgré ces conditions, malgré les faibles salaires" @literaryjulia

" écrire pour écrire, au lieu d'écrire pour de vraies recherches" @TaneHRLM

#FOCUS La thèse, entre inquiétude et consécration

Les résultats de GénérationPhD concernant le parcours de thèse permet de casser quelques clichés sur ce passage obligatoire dans une carrière de chercheur.

  • Les doctorants en 1re année sont les JC interrogés qui estiment avoir le plus de chance de s’en sortir, pour 84% d’entre eux ;

  • Si les trois quarts des doctorants en 1re année s’estiment optimistes (76%) pour leur avenir, cette proportion baisse par la suite, jusqu’à 53% en 3e année. L’obtention du doctorat rebooste un peu leur moral avec 61% d’optimistes ;

  • Près de 30% des doctorants en première année estiment être « reconnus à leur juste valeur », cette proportion est divisée par deux par la suite ;

  • Le sentiment de précarité s’accentue au cours de la thèse : les doctorants en 1re année jugent à 36% leur situation financière compliquée, ils sont 47% en troisième année ;

  • La proportion des doctorants qui s’estiment « seuls » ou « en compétition » double entre la première année (25%) et la troisième année (53%). Le sentiment d’isolement augmente également, passant de 48% en 1re année à 70% en 3e année ;

  • La proportion de doctorants ayant des amis chercheurs dans au moins quatre pays passe de 9% à 19% entre la 1re et la 3e année. Logiquement, celle des doctorants n’ayant aucun ami dans un autre pays passe de 44% à 25%.  

  • Seuls un tiers des doctorants en 3e année (30%) estiment que le doctorat prépare efficacement au marché du travail, alors qu’ils sont encore près de la moitié à le penser (45%) en 1re année.

témoignages

Les chercheurs.euses développent une compétence rare qui est la grande autonomie pour résoudre des problèmes complexes mais l'envers de la médaille est leur solitude alors que la socialisation est vitale dans la plupart des métiers

Dr Sébastien Poulain
Militant du doctorat à Doctrix, Humanitudes, Doc'Door et Crois/Sens

Les chercheurs sont isolés dans le débat public ; c’est un problème assez français qui provient à mon sens du fait que les chercheurs ont des contrats à vie. Cette sécurité de l’emploi les isole et empêche les allers-retours. Les liens entre la recherche publique et l’économie sont donc faibles. Il faut que la parole des chercheurs soit entendue, sinon elle restera sujette à caution de la part du grand public.

Amélie de Montchalin
Députée de la 6ème circonscription de l'Essonne - 1ère Vice Présidente du Groupe parlementaire REM - Rapporteure spéciale du budget de la Recherche

L’inquiétude sur l’avenir est clairement exprimée et elle est difficile à juguler car elle est intrinsèque au système qui comprend toujours une phase en contrat temporaire. Or je ne vois pas comment on peut changer le système.

Thomas Coudreau
Professeur de Physique Université Paris Diderot - Directeur du Collège des Ecoles Doctorales Sorbonne Paris Cité - Président du Réseau National de Collèges Doctoraux

Une partie des répondants est frustrée de n’être pas plus ancrée dans la société, afin d’être plus valorisée, plus comprise, moins isolée. On observe depuis quelques années une tendance de rapprochement entre secteur académique et besoins socio-économiques. Les jeunes chercheurs en sont les premiers acteurs et c’est une aspiration que la jeune génération porte fortement, en étant sensible à l’enjeu sociétal et socio-économique de leurs travaux, au delà de l’intérêt purement scientifique.

Amandine Bugnicourt
CEO Adoc Talent Management

Les doctorants doivent commencer à réfléchir à leur projet professionnel et à prendre des contacts dès la 2e année, car la 3e année est souvent accaparée par l’écriture de la thèse et des articles.

Dr Vincent Mignotte
Directeur de l'ABG

D’après les résultats de GenerationPhd, les doctorants semblent plus optimistes au début qu’en fin de thèse mais ne se sentent pas reconnus à leur juste valeur. C’est un sujet que nous voulons traiter avec Frédérique Vidal (ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, NDLR). Nous voulons notamment que tous les futurs docteurs disposent d’un contrat doctoral.

Amélie de Montchalin
Députée de la 6ème circonscription de l'Essonne - 1ère Vice Présidente du Groupe parlementaire REM - Rapporteure spéciale du budget de la Recherche

Le problème de la solitude des chercheurs.euses est sans doute une priorité pour changer leur situation. Il faut multiplier les occasions de rencontre grâce à des projets (courts et longs) et des espaces dédiés.

Dr Sébastien Poulain
Militant du doctorat à Doctrix, Humanitudes, Doc'Door et Crois/Sens
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% des sondés ont eu envie de devenir chercheur grâce à une personne inspirante (grand scientifique, professeur, proche)  

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% des jeunes chercheurs estiment faire partie des jeunes de leur âge qui ont le plus de chances de s’en sortir 

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% des jeunes chercheurs en sciences exactes et applications sont optimistes pour leur avenir

#FOCUS Les différences entre les disciplines

Sciences de la société (SSo), sciences humaines et humanités (SHH), sciences du vivant (SV), sciences exactes et applications (SEA), quels enseignements peut-on tirer des réponses à GenerationPhD ?

  • L’inquiétude pour l’avenir de leurs enfants semble particulièrement basse chez les parents de JC en SEA (38%), elle est plus élevée dans toutes les autres disciplines, autour de 50% ;

  • Impression confirmée par les JC pour eux-mêmes, puisque plus des deux tiers en SEA (67,5%) sont optimistes pour leur avenir, contre 55% en SHS ou SV ;

  • La proportion des JC qui s’estiment reconnus à leur juste valeur est presque deux fois supérieure en SEA (20%) par rapport aux autres champs disciplinaires (12% environ) ;

  • Le sentiment d’être privilégié est particulièrement ressenti en SEA : 84% estiment avoir plus de chance de s’en sortir que la moyenne, a contrario, les répondants en SV estiment pour près d’un tiers avoir “moins de chances de s’en sortir” ;

  • La question de la rémunération divise les JC : en SS, les répondants ne sont que 13% à estimer être payés à leur juste valeur, une proportion qui monte à 27,5% en SEA ;

  • Impression renforcée par les réponses à la question sur leur situation financière, “aisée” ou “juste bien” pour près des trois quarts en SEA… mais pour la moitié seulement des répondants en SSo ou SHS ;

  • L’ancrage des JC en SSo ou SHS semblent plus hexagonal avec respectivement 38% et 28% qui n’ont aucun ami chercheur dans un autre pays. En SV et SEA, cette proportion tombe à 14 et 18%

  • Le sentiment d’isolement atteint un paroxysme chez les répondants en SSo (78%), il est au plus bas chez les JC en SEA (58%) ;

  • Parmi tous les champs disciplinaires, les JC en SEA jugent particulièrement la présence des femmes insuffisante… ce n’est le cas que de 40% des répondants en SV ;

  • Niveau carrière, pour les SSo et SHH, c’est clair : les répondants sont plus de 40% à répondre “enseignant-chercheur”, contre deux fois moins en SEA et SV ;

témoignages

Le salaire des jeunes chercheurs est plus bas durant le doctorat et les post-doc que celui de leurs co-promo qui ont choisi de donner une autre orientation à leur carrière. Le doctorat est en quelque sorte un investissement payant sur la durée, notamment pour ceux qui quittent la recherche académique.

Amandine Bugnicourt
CEO Adoc Talent Management

Les PME, en particulier, doivent être mieux accompagnées pour pouvoir collaborer avec les laboratoires publics. Et la prochaine frontière est la fonction publique, qui connaît encore mal les docteurs. Pourtant, ceux-ci pourraient dans bien des cas éclairer la décision publique en ces temps de bouleversements rapides.

Dr Vincent Mignotte
Directeur de l'ABG

La bataille pour la recherche ne pourra être gagnée que si les chercheurs arrivent à faire comprendre qui ils sont auprès du grand public. Au Parlement, quand on parle moyens, on s’entend souvent répondre que les chercheurs sont des privilégiés ou ne font pas des métiers pénibles. Il faut combattre cela.

Amélie de Montchalin
Députée de la 6ème circonscription de l'Essonne - 1ère Vice Présidente du Groupe parlementaire REM - Rapporteure spéciale du budget de la Recherche

Il convient de rappeler que le doctorat est le diplôme universitaire le plus élevé. C'est une formation d'excellence, à ne pas confondre avec le diplôme de médecin. Pour l'obtenir, le niveau master est d'abord nécessaire, ce à quoi s'ajoutent encore en moyenne 3 ans et 8 mois afin de rédiger une thèse de qualité. C'est un travail de longue haleine qui demande de la passion et un grand investissement. Si les docteurs sont capables d'innover dans le domaine du savoir, ils ont aussi un savoir-faire et un savoir-être particuliers grâce à leurs activités doctorales et extradoctorales, ainsi qu'à la gestion de projet.

Yann-Maël Larher
Cofondateur OkayDoc.fr

Dans les sciences fondamentales et du vivant, le financement se trouve plutôt facilement mais reste bien en-dessous des niveaux de rémunération des ingénieurs, très fortement valorisés dans les métiers.

Maxence Lafon
Doctorant au CEA
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% des jeunes chercheurs en sciences du vivant estiment qu’il n’y a pas assez de liens de proximité entre les mondes académique et économique

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% des doctorants en sciences humaines et humanités ou en sciences de la société ont pour projet idéal de carrière de devenir enseignant-chercheur

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% des doctorants de 3e année et au-delà se considèrent comme des professionnels de la recherche 

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